Les oubliés de Clipperton


Clipperton est un atoll inhabité, propriété de la France depuis les années 60, situé au large des côtes d’Amérique Centrale.

Très inhospitalière, l’île n’est qu’un banc de sable, sans eau fraiche et dont la seule faune est constituée de crabes (par milliers) et de quelques oiseaux de mer. Pas l’ombre d’un peu d’ombre, puisque la seule végétation présente, savamment nommée « Bois de Bougainville », est un maigre bouquet de cocotiers.

Donc, à priori, rien de bien excitant à raconter… Hormis un petit épisode de l’histoire de cette île, qui eut lieu entre 1914 et 1917, alors que l’endroit était toujours sous souveraineté mexicaine.

En 1906, la Pacific Island Company, une entreprise minière américaine, obtient les droits d’exploitations du guano (fiente d’oiseaux de mer) sur l’île. Immédiatement, une base de travail et un phare sont créés. Pour s’assurer de la sécurité des lieux, une garnison mexicaine d’une cinquantaine de soldats, accompagnés de leurs épouses et enfants est établie sur l’île. Sans possibilité de se sustenter par eux-mêmes, vu les conditions, ils sont approvisionnés en eau potable et en nourriture par un navire militaire partant d’Acapulco, tous les deux mois.

Pratiquement à la même époque, en 1915 pour être précis, se déclenche la révolution mexicaine, avec son lot de chaos et de bouleversements. Trop occupé à remettre de l’ordre dans le pays, l’état-major oublie les habitants de Clipperton. Plus d’approvisionnement. La plupart d’entre eux meurent de faim ou du scorbut. Les téméraires qui tentent de passer la barrière de corail qui entoure l’île pour s’échapper subissent le même sort, si bien qu’en 1917, ne reste plus qu’une quinzaine de femme et d’enfants. Tous les hommes sont morts, sauf un, un nommé Victoriano Alvarez, gardien du phare de son état.

En toute simplicité, Victoriano se proclame roi. Comique, mais pas tant que cela. Investi de ses royales fonctions, il entame un règne brutal fait de viols et de meurtres. Son règne est de courte durée. Insensible à ses charmes, Tzira Rendon, la veuve de l’un des militaires, le tue le 17 juillet 1917.

Le lendemain même, le navire américain USS Yorktown récupère les derniers survivants : trois femmes, une adolescente et sept enfants. Conduites en Californie, elles sont jugées pour meurtre, et relaxées.

Surement ému par l’histoire, le gouvernement français, qui prend souveraineté de l’île en 1962, propose aux survivants toujours en vie, la nationalité française, qu’ils refusent tous.

Aucun autre essai de colonisation ne fut jamais plus mené sur Clipperton, qui reste à ce jour, un banc de sable, surmonté d’un drapeau tricolore.

#Histoire #MystèresdelOcéanie

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