Nauru, l'île prison

June 23, 2017

 Image : Google Earth.  

 

    Continuant dans la tradition glauque des îles-prisons établies par les Européens du XIXe siècle, notamment en Australie (pour les Britanniques) et en Nouvelle-Calédonie (pour les Français). Il semble que les Australiens n’aient rien appris de leur propre histoire.

 

La république de Nauru est une petite île nation de 21 km², située en Micronésie, au large de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Nauru a obtenu son indépendance, en 1968, de l’Australie.

 

Cette île de 10.000 habitants, jadis riche grâce au phosphate de ses sous-sols, est désormais ruinée par 40 ans de minage intensif qui ont rendu l'intérieur des terres inhabitables ou incultivables. Le taux d'emploi y est bas, tout comme le niveau d'éducation ou le système de santé. C’est là, dans ce paradis perdu et détruit par la grossière exploitation du phosphate par les occidentaux, que depuis septembre 2012, le gouvernement australien entasse les réfugiés et demandeurs d'asile.

 

C'est en échange de 415 millions de dollars australiens par an, soit 284 millions d'euros, que Nauru accueille ces "prisonniers". 

 

La plupart sont Iraniens, Irakiens, Pakistanais, Somaliens, Bangladais ou Afghans. Certains ont obtenu le statut de réfugié – ce qui ne leur donne pas la possibilité de sortir de l'île –, d’autres l'attendent encore et d’autres qui ne l'auront jamais. Le nombre de demandeurs d'asile sur l'île s'élève à plus de 1.500 personnes, soit 15% de la population totale. Ils sont logés soit dans le centre de traitement régional (CRT), soit dans des baraquements ou anciens conteneurs réaménagés, dans des conditions déplorables.

 

Le centre régional de traitement est la porte d'entrée des demandeurs d'asile sur l'île de Nauru. Ce complexe tient finalement plus de la prison que du camp de réfugiés: strictement règlementé, les douches sont limitées à une par jour, d'une durée de deux minutes, alors que les températures sous les grandes tentes servant d'abri atteignent régulièrement 45 ou même 50 degrés Celsius.

 

L'Australie est consciente de la situation, ayant été mise en demeure à plusieurs reprises par des organismes comme sa propre commission des droits de l'homme ou le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Un assouplissement des règles a eu lieu après un premier scandale, en 2015, incluant notamment une liberté de mouvement accrue, il ne saurait pas cacher le côté carcéral du centre. Des fouilles régulières ont lieu, les objets interdits étant confisqués (comme la nourriture ou les aiguilles à coudre), alors que les sanitaires sont dans un état d'hygiène déplorable.

 

La situation sur Nauru, bien que désastreuse et connue par les autorités, ne semble pas les inquiéter outre mesure. Les réfugiés présents sur l'île ne savent en effet toujours pas de quoi leur futur sera fait. Alors que leur séjour ne devait pas excéder un an, cela fait parfois plus de cinq années que des personnes s'y trouvent. Si certains, un très petit nombre, ont finalement été envoyés au Cambodge, d'autres ont décidé de retourner dans leur pays, estimant que cela valait toujours mieux que leur situation sur l'île.

 

Sue Nauru, Facebook est bloqué et les manifestations de réfugiés sont criminalisées. Une opacité totale renforçant l'idée que cette île est devenue une prison. 

 

Cette politique reste la même depuis 5 ans, ayant pour effet de dissuader de nombreux migrants de se rendre en Australie, pourtant sous-peuplée et proche du plein emploi. À ce jour, le gouvernement des kangourous, n'a toujours pas l'intention d'infléchir sa politique.

 

 

 

 

 

 

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